Zwei Personen sitzen auf einem Sofa und unterhalten sich.

Qui dit bonne intention ne dit pas toujours bonne solution

Commentaire
9 septembre 2026

Depuis quelques années, la question d’un régime obligatoire pour l’assurance indemnités journalières en cas de maladie (IJM) fait l’objet de débats au niveau national. Il ressort maintenant d’un rapport du Conseil fédéral que le système actuel fonctionne. Au vu de la hausse des absences pour cause de maladie et des coûts qui en découlent, un régime obligatoire ne permettrait pas d’améliorer la situation. Ce dont nous avons réellement besoin, ce sont de données scientifiques et de l’engagement de

Mann im Anzug vor grauem Hintergrund.
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En politique, un régime obligatoire est souvent perçu comme un gage de sécurité. Mais transformer en solution unique obligatoire un système efficace qui fonctionne sur une base volontaire et répond aux besoins des entreprises ne constitue pas forcément une amélioration. Avant d’appeler à instaurer un régime obligatoire d’assurance indemnités journalières en cas de maladie, il convient de clarifier, pour le moins, les trois points suivants: 

  • Une obligation est-elle nécessaire, ou existe-t-il un moyen moins contraignant?
  • La valeur ajoutée d’une obligation justifie-t-elle une intervention majeure dans le système existant et une restriction de telle ampleur de la liberté de choix?
  • Concrètement, que se passe-t-il lorsque la recommandation devient soudainement une obligation?

Je suis heureux que le Conseil des États ait demandé un examen approfondi de ces questions avant de se pencher sur la possibilité d’un régime obligatoire. Voilà maintenant que, contre toute attente, le Conseil fédéral a répondu par la négative s’agissant de la nécessité et de la proportionnalité d’une obligation. Il a également mis en garde contre les fausses incitations qu’un régime obligatoire pourrait entraîner dans les faits. Moi aussi, je suis convaincu qu’une obligation d’assurance conduit à une dilution du sens des responsabilités. 

Dans le système actuel, chaque employeur est responsable de son personnel. Cela signifie, dans le cadre de l’indemnité journalière en cas de maladie, qu’il doit assumer la responsabilité des absences au sein de son entreprise: plus il y a d’absences, plus le coût de l’assurance d’indemnités journalières en cas de maladie est élevé. De ce fait, chaque employeur est automatiquement incité à limiter autant que faire se peut les jours d’absence. Et celles et ceux qui investissent dans les prestations sociales sont en mesure de se démarquer avec succès dans la course aux talents. 

SWICA, en tant qu’assurance-maladie, a elle aussi tout intérêt à ce que sa clientèle reste en bonne santé. Nous investissons donc dans la recherche afin de mieux comprendre les causes des absences liées à la santé et d’en déduire des mesures efficaces de prévention et de réinsertion. Tout cela profite au personnel, aux employeurs et, en fin de compte, à l’ensemble de la société. Dans le même temps, nous devons convaincre dans un système concurrentiel et volontaire en proposant une offre de qualité. 

Actuellement, la hausse considérable des absences pour raisons psychiques constitue un défi de taille. Un régime obligatoire se contenterait de répartir ces coûts, en constante augmentation, sur un large collectif. Chaque année, l’augmentation des primes susciterait alors les mêmes indignations et, sur le plan politique, le risque serait de voir émerger une situation comparable à celle de l’assurance de base, avec d’interminables querelles sur les compétences, les véritables facteurs à l’origine de la hausse des coûts passant au second plan. 

Aujourd’hui, en l’absence de régime obligatoire, le secteur peut et doit réagir rapidement face aux nouveaux défis. Il dispose de la marge de manœuvre nécessaire grâce au cadre légal en vigueur. C’est ainsi qu’une solution a été trouvée pour que, dès 2027, aucune entreprise ne se retrouve sans couverture d’assurance pour des raisons qui ne lui sont pas imputables, alors même que cette problématique ne concerne à l’heure actuelle que 0,5 % des entreprises. Nous menons également des recherches ciblées sur les causes des arrêts de travail d’origine psychique. 

Pour lutter contre la hausse des coûts, nous avons besoin de solutions durables qui s’attaquent aux causes profondes du problème. Nous comptons pour ce faire sur la collaboration des cliniques spécialisées, des employeurs, du personnel et des assurances sociales, toujours dans le but de permettre aux personnes de rester en bonne santé ou, malgré des problèmes de santé, de participer au mieux à la vie professionnelle. 

La proposition d’un régime obligatoire d’assurance indemnités journalières en cas de maladie part sans doute d’une bonne intention. Mais cette solution crée des obligations, et aucune responsabilité. J’ai la conviction que les solutions les plus efficaces ne peuvent voir le jour que lorsque tous les acteurs assument ensemble leurs responsabilités.