Überflutete Holzhäuser in einer grünen Berglandschaft.

Surmonter les risques naturels: le cas de Blatten

Actualités du secteur
19. juin 2026

L’effondrement du glacier du Birch a enseveli 90 pour cent du village de Blatten. Les assureurs ont réagi avec diligence.

«Avant», Blatten, dans le Lötschental, était un village de 300 habitants, avec des maisons traditionnelles valaisannes, une église, des résidences secondaires et une économie vivant du tourisme.

«Après», après que des éboulis accumulés pendant de longues années sur le glacier du Birch aient déclenché une avalanche de glace, de boue et de roches qui s’est abattue le 28 mai sur la vallée, 90 pour cent du village se sont retrouvés ensevelis sous des mètres cubes de débris.

Comment surmonter une telle catastrophe? C’est la question que se sont posée dès le lendemain les neuf membres de la Commission des dommages naturels (Commission DN, voir encadré). Ils le savent bien, l’avenir de Blatten dépendra aussi du respect par les assureurs des engagements qu’ils auront pris. «Un village entier a été rayé de la carte en quelques minutes. Nous avions tous parfaitement conscience qu’il nous fallait prendre des décisions pragmatiques assez rapidement, ceci sous le regard attentif de l’opinion publique», explique Veit Wendenburg à propos de la période qui a immédiatement suivi l’événement. En sa qualité de membre de la Commission DN et de responsable régional pour le canton du Valais, c’est lui qui était en liaison avec la cellule de crise communale, recueillait les demandes et en assurait la coordination. En charge de la responsabilité civile et des assurances de choses à la Vaudoise, il répondait aussi aux questions des sinistrés lors des réunions organisées sur le terrain avec les assurés. «Le fait que Veit ait pu être notre porte-parole directement sur les lieux à Blatten a certainement été un atout», confirme Claudia Brudermann. Représentante de la Mobilière, elle préside la Commission DN depuis dix ans et a apprécié de pouvoir compter sur une équipe bien rodée dans ce contexte si particulier. «Durant toute cette période, nous n’avons eu de cesse de nous concerter étroitement et d’agir dans le même sens.»

Pour relever ces défis hors normes, la Commission DN s’est voulue pragmatique et a très vite décidé de verser aux sinistrés 75 pour cent de la somme assurée pour les bâtiments à titre d’acompte ainsi que d’assouplir les règles concernant le délai et le lieu de reconstruction, condition préalable au versement des 25 pour cent restants. «Nous souhaitions soulager la population des soucis financiers les plus urgents et réduire la pression du temps», explique Madame Brudermann. «À la Commission DN, nous avions pour objectif d’apporter l’aide la plus rapide possible aux sinistrés de Blatten tout en respectant la teneur des contrats d’assurance souscrits. Nous ne voulions pas d’une «Lex Blatten», mais d’une solution qui tienne compte du caractère exceptionnel de l’événement tout en préservant l’équité au sein du collectif d’assurés.»

Drei Personen bei der Arbeit in bergiger Landschaft mit Häusern.

Nach dem Felssturz ist ein Grossteil von Blatten überschwemmt. Die Privatversicherer helfen rasch und unbürokratisch.

À Blatten, la planification de la reconstruction et de l’avenir du village bat son plein. De nouvelles énergies sortiront des décombres. Ainsi, deux hôteliers se sont associés pour lancer rapidement une offre touristique renouvelée. Financée notamment par les prestations d’assurance, elle bénéficie aussi de dons et d’aides à la promotion économique. «Paradoxalement, l’ampleur de l’événement et la consternation collective ont également exercé un effet positif: la solidarité et l’entraide étaient très palpables à Blatten», raconte Veit Wendenburg. Il pense ici également à ceux qui perdent leur toit à la suite d’autres catastrophes naturelles moins médiatisées. «Par leur essence même, les assurances interviennent en cas de coup dur. Leur mission consiste à se mettre à l’écoute des gens et à prendre les préoccupations et les besoins de ces derniers au sérieux.» Les assurances sont là aussi pour aider à surmonter des événements tragiques. Tout comme c’est le cas à Blatten.

«Nous souhaitions soulager la population des soucis financiers les plus urgents et réduire la pression du temps.»

Claudia Brudermann,

Präsidentin Elementarschadenkommission

Mécanisme de compensation des dommages

La Commission des dommages naturels (Commission DN) est une instance permanente du Pool pour les dommages causés par les forces de la nature (Pool DN), un regroupement d’assureurs pour la couverture des catastrophes naturelles et l’application de mesures de prévention communes. Composée de représentantes et de représentants de neuf compagnies d’assurances affiliées au Pool DN, elle se rassemble généralement quatre fois par an. Après l’éboulement à Blatten, la Commission DN s’est réunie semaine après semaine pour coordonner les opérations et assurer une communication cohérente afin de gérer cette crise au mieux. La commission DN n’est pas habilitée à décider à la place de ses membres de leur politique d’indemnisation, mais c’est elle qui détermine les prestations qui relèvent du mécanisme de compensation du Pool DN.

Les neuf risques naturels

Qualifié d’événement du siècle, voire du millénaire, l’éboulement de Blatten a fait la une des médias pendant des mois. En termes d’assurance, les éboulements – comme celui de Blatten – ne toutefois pas des incidents les plus coûteux de ces dernières décennies. Les relèvent statistiques du Pool suisse des dommages naturels donnent un aperçu des événements les plus dommageables et mettent en évidence quelques tendances. Elles ne constituent toutefois qu’un indicateur limité de l’évolution d’un risque naturel: des événements majeurs isolés peuvent fortement fausser le tableau à la hausse, et les tendances différer en fonction de la définition de la période prise en considération. Par ailleurs, les mesures de prévention permettent aussi d’atténuer les effets des événements naturels.

Crues et inondations

Part: 53 % env.*

Tendance: à la baisse

Événements majeurs:

• Crue du siècle en 2005

• Crues de 2007: Argovie, canton de Bâle-Campagne et Soleure

En Suisse, les inondations et les crues provoquent de loin les dégâts les plus importants. Les mesures de prévention engagées ces dernières années présentent un très bon rapport coût-efficacité et ont permis de contenir la part de ces dommages. Les scénarios climatiques de la Confédération laissent craindre une multiplication des épisodes de fortes précipitations. Le rythme d’instauration de mesures de prévention demeure soutenu et les systèmes d’alerte font également l’objet d’améliorations en continu.

Chutes de grêle

Part: 20 % env.*

Tendance: à la hausse

Événements majeurs:

• Grêle à Locarno, été 2023

Selon la plateforme nationale «Dangers naturels» PLANAT, la Suisse est l’un des pays d’Europe les plus exposés à la grêle. Phénomène météorologique local, les chutes de grêle sont difficiles à dénombrer et à prévoir. En quelques minutes, elles peuvent causer des dégâts importants aux bâtiments et aux véhicules. Or, face à ce risque naturel, les mesures de prévention ne produisent qu’un effet limité. Les données du Pool des dommages naturels indiquent une progression des dommages dus à la grêle.

Tempêtes

Part: 12 % env.

Tendance: en légère hausse

Événements majeurs:

• Tempête Lothar en décembre 1999

• Violent orage à La Chaux-de-Fonds (NE) en juillet 2023

Les bâtiments, les infrastructures et les véhicules sont exposés aux coups de vent et aux tempêtes hivernales. Avec des fronts s’étendant souvent sur plusieurs centaines de kilomètres, celles-ci provoquent généralement des dommages importants. Plus localisés, les orages accompagnés de fortes rafales ne sont pas en reste.

Éboulements, chutes de pierres et glissements de terrain

Part: 7 % env.

Tendance: stable

Événements majeurs:

• Effondrement à Blatten en 2025

Si les éboulements, les chutes de pierres et les glissements de terrain prennent parfois une ampleur considérable, comme ils se produisent souvent dans des zones moins peuplées, leur impact en termes de dommages assurés reste minime. Ces risques pourraient s’accroître à l’avenir avec le dégel du pergélisol, comme en témoigne probablement l’effondrement du glacier du Birch à Blatten.

Avalanches et pression de la neige

Part: 2 % env.

Tendance: stable

Événements majeurs:

• Le «terrible hiver» de 1950/51

Les adeptes des sports d’hiver sont souvent les premières victimes des avalanches. Les dommages aux bâtiments et aux infrastructures sont toutefois rares de nos jours, notamment parce que la Suisse a su tirer les leçons du passé et perfectionner ses mesures de protection.

Ne relèvent d’aucun de ces risques

Part: 6 % environ

* Part entre 2001 et 2025

Tremblements de terre

Si les séismes sont rares en Suisse, ils peuvent néanmoins provoquer des dégâts considérables. Le risque sismique ne relève pas de l’assurance des dommages naturels. Mais est facilement assurable par nombre de produits d’assurance. Aujourd’hui, 21 pour cent des valeurs immobilières en Suisse sont couvertes en cas de tremblement de terre. Dans les régions fortement exposées, comme le canton du Valais, le taux de pénétration est nettement plus élevé.